À l’attention de Monsieur Emmanuel Macron
Président de la République française
Palais de l'Élysée
55 rue du Faubourg-Saint-Honoré
75008 Paris
Le 24 mars 2025 — mise à jour le 31 mars 2025
Lettre ouverte au Président de la République
Pour une heure équitable, durable, alignée sur la science et l’urgence climatique
Appel de l’ACHED pour la suppression des changements d’heure et le retour à une heure plus naturelle.
Monsieur le Président de la République,
La France ne peut plus ignorer que son fuseau horaire aux heures avancées aggrave son empreinte carbone et détériore sa santé. Depuis 2017, votre présidence n’a apporté aucune réponse concrète à ces enjeux. Nous nous sommes rapprochés de vous et de vos gouvernements plusieurs fois et n’avons pas été écoutés.
La double faute sanitaire et climatique
Ne me répondez surtout pas avec une lettre « changement d’heure » car ce n’est pas le sujet premier de cette lettre. Oui, je le cite. Avec un changement d'heure, il y a typiquement une heure avancée. Les Français souffrent du changement d’heure souvent de façon aiguë et consciente au moins une fois par an en mars lorsque l’heure avance. Il faut certainement les écouter mais ne pas amalgamer tout le problème à cette partie du sujet.
La mission de l’ACHED : la fin de l’heure UTC+2 et, secondairement, celle des changements d’heure. Notre nom d’origine est Association Contre l’Heure d’été (DOUBLE), pour la réduction des avancements de l’heure. Remarquez le mot AVANCEMENT.
Car il s’agit plus primordialement d’un problème d’avance / avancement de l’heure par rapport à l’heure du méridien de Greenwich qui traverse la France. Il est pratique de parler de fuseau horaire. Le fuseau horaire naturel de la France, comme celui de l’Angleterre, est donc UTC+0 [Annexes]. Les autres fuseaux auxquels nous sommes affectés sont des fuseaux « artificiels ». Ils n’ont même plus vraiment de caractéristique géométrique « fuseau ». Ce sont des zones temps qui coïncident avec le terme anglais « time zone ».
Veuillez considérer les chiffres dont nous allons vous parler. Les totaux sont facilement consultables en annexe sous forme d’infographie, [annexe 3] en particulier. Cette annexe accompagnera nos communiqués relatifs à cette lettre. Vous a-t-on jamais mentionné de tels chiffres ? En tout cas dans la presse et les rapports officiels vous ne les trouvez pas.
C’est un contrepied à l’information en circulation dans les médias, avec des bases sérieuses et documentées, d’où cette lettre, avec environ 20 pages de références bibliographiques accessibles par clic dans le format PDF [REF].
Ces totaux sont tout à fait en ligne avec nos messages depuis notre création en 1983 et en particulier depuis que je suis présidente, mais nous les avons bouclés ici et ils sont TRÈS CONSÉQUENTS, pas du tout minimes. Nous pensons que leur taille devrait vous bouger.
Pour des questions pratiques, nous souhaitons une réponse publique ou écrite à la présente lettre mais merci de nous en prévenir aussi par email.
Un communiqué de presse coïncidera avec l’envoi de la lettre et il y aura au moins une traduction anglaise. Notre Association existe depuis 1983. Nous avons eu le label d’intérêt public. Nous avons interagi avec tous les présidents depuis 1983, pour l’instant sans succès, mais en accumulant une expertise qui ne s’est pas évanouie à la mort de nos deux premiers présidents, le docteur Boris Sandler et feue ma mère Leonor Gabarain-Echevarria [25].
Nous vous avons envoyé plusieurs courriers, auxquels vous avez répondu pour certains, en tant que candidat en 2017 (malheureusement je n’ai pas retrouvé), puis en tant que président lors de votre premier mandat.
Avec le système actuel vous commettez une double faute climatique et sanitaire. C’est une faute initiée avant votre présidence, depuis 1916 avec changement d’heure. Le Général de Gaulle en 1945 n’y a pas mis fin ; il n’a pas maintenu de changement d’heure mais le pays a été mis à l’heure avancée UTC+1 toute l’année [26]. Paix à son âme ; la science n’était pas aussi avancée mais les Français n’avaient pas du tout apprécié.
Vous n’en trouverez pas trace dans les journaux mais les anciens nous l’ont dit. La faute a été ensuite redoublée en 1976 avec la mise en place d’un avancement supplémentaire [35], comme si on ne s’était pas rendu compte que l’on avait déjà une heure d’avance.
Mais depuis 2017 la faute est vôtre. Et pire encore, vous avez été partie prenante ou passive dans l’idée d’arrêter les changements d’heure et de garder UTC+2 toute l’année. C’est un coup à nous faire une heure avancée de deux heures, SANS changement d’heure.
C’est une erreur, une double faute climatique et sanitaire augmentée, que vous voudrez bien ne pas faire.
Quant au statu quo, soyons clairs, non seulement vous faites souffrir les Français, ce dont ils sont conscients avec les changements d’heure, mais la faute climatique et sanitaire est exacerbée par un contexte d’aggravation accélérée du climat [62].
Il est temps aujourd’hui de prendre la mesure de la gravité de la situation et de faire preuve de responsabilité vis-à-vis du climat et de la santé publique.
Émissions carbone et fuseau horaire : une relation trop souvent ignorée
- Santé dégradée : matins assombris, soirées trop lumineuses → réduction du temps de sommeil, altération du bien-être.
- Surconsommation générale liée à la détérioration de la santé et diminution du temps de sommeil.
- Hausse des émissions carbone :
- augmentation par surconsommation générale ;
- chauffage accru le matin, climatisation renforcée le soir ;
- augmentation de l’utilisation de la voiture matin et soir.
En heure UTC+1 ou UTC+0, on économiserait plusieurs milliards d’euros par an déjà rien qu’en dépenses de santé (7 milliards par an selon notre estimation [43]), ce qui réduirait directement nos émissions carbone (avec un ratio de 111 gCO₂/€) d’environ 777 000 tonnes de CO₂.
Dans les dépenses de santé il y a une mauvaise santé favorisée par l’avancement de l’heure dont parlent les chronobiologistes [18]. Il y a aussi les accidents du travail et de la vie [W].
Les prétendues économies d’éclairage en heure d’été (avec changement d’heure), environ 70 millions d’euros par an [30c] selon le rapport ADEME de 2010 [30][30a][30b], sont plus que compensées.
Notez au passage s’il vous plaît que nous faisons mention d’un rapport encore régulièrement cité dans la presse française et unique référence fournie par l’ADEME près de 15 ans plus tard, dont le rapport et la note de synthèse ne sont même plus disponibles en ligne autrement que par les archives internet.
En heure UTC+1 ou UTC+0 on émettrait potentiellement une ou plusieurs dizaines de millions de tonnes de CO₂ en moins, comme expliqué brièvement plus bas. Voir aussi [Annexes].
Ces économies potentielles en UTC+1 ou UTC+0 sont des dépenses et des émissions supplémentaires avec le système actuel, qui seraient encore augmentées en passant à UTC+2 toute l’année.
En heure UTC+1 ou UTC+0, le temps de sommeil [H] s’allonge naturellement par rapport à UTC+2. A contrario, nous avons perdu 1 à 1 h 30 (14–20 %) de sommeil en 50 ans, nous disent les journaux en 2019. Nous dormions jusqu’à 9–10 h au début du XXe siècle, passés sous les 9 h dans les années 1950, sous les 8 h dans les années 1970 et sous les 7 h dans les années 2000.
Lorsqu’on dort on consomme moins. Donc en heure UTC+1 ou UTC+0 imaginez une hausse du sommeil de 10 % et la baisse de la consommation qui pourrait se manifester progressivement.
Vu qu’on est levé environ deux fois notre temps de sommeil, pour une émission nationale totale estimée à environ 400 millions de tonnes équivalent CO₂, imaginons 5 % de baisse, cela serait 20 MtCO₂, ou même 2 %, cela serait 8 MtCO₂.
En dormant mieux, il y a moins de suicides [I] [21] [22] [19.7]. L’instauration de l’heure d’été double dans les années 70 a coïncidé avec une augmentation significative du taux de suicide en France remarquée alors par notre association.
Coïncidence, il y a eu aussi une augmentation importante du taux de suicide en Belgique avec une année de décalage. Or les Belges ont adopté notre heure justement avec une année de décalage. En heure UTC+1 ou UTC+0, il est vraisemblable d’avoir une baisse des suicides, autres facteurs égaux par ailleurs.
Au niveau chauffage et climatisation, en 2010, le rapport ADEME 2010 (Énergies Demain) n’avait pas donné de chiffres pour 2009 mais fait une modélisation pour 2030. Il avait annoncé pour 2030 [30b] des économies incertaines et minimes avec le système actuel par rapport à UTC+1 toute l’année.
Des économies pour certains sont aux dépens d’autres, en englobant résidentiel et tertiaire : le résidentiel dépensant plus en climatisation, le tertiaire plus en chauffage. Les économies en chauffage du résidentiel trouvées par le rapport et obtenues par modélisation étaient peu crédibles.
Au total [30a][30b], le rapport ADEME annonçait une économie de 440 GWh en éclairage en 2009 et 470 GWh en éclairage, chauffage et climatisation en 2030, avec une baisse des émissions non estimée en 2009 et environ 70–100 000 tonnes de CO₂ en 2030, dont environ 30 000 tonnes pour l’éclairage.
En revanche, d’autres études montraient des surconsommations certaines [40][42] en climatisation ET chauffage pour le résidentiel, qui nous avaient fait estimer au contraire un accroissement des émissions de 558 600 tonnes de CO₂ dans une lettre de 2019 [42a]. Une économie sur l’éclairage oui, mais plus que compensée par la surconsommation en chauffage et climatisation.
Un argument souvent avancé pour l’heure d’été est la baisse de la pointe du soir. Mais la pointe électrique du soir s’étale largement tandis que celle du matin, non moins importante, est accentuée [30d].
L’ADEME dans son rapport ne s’était pas intéressée à la consommation augmentée par perte de sommeil, aux surconsommations de carburant ni à l’effet de l’Allemagne et la France dans le même fuseau sur le réseau électrique, sauf pour une mention sur la climatisation des voitures [page 69 du rapport final].
Au niveau carburant, dès les années 90 [42], on savait déjà que l’avancement de l’heure (le changement d’heure à UTC+2) s’accompagnait d’une hausse de la circulation automobile de loisir.
Rien que la circulation belge supplémentaire observée par Walter Hecq [42a] représentait plus de 111 000 tonnes supplémentaires de CO₂, donc déjà plus que l’économie avancée par l’ADEME en 2030 sur éclairage, chauffage et climatisation. Pour la France on calcule 388 kt de CO₂ avec les données belges.
C’est sans compter l’effet sur la circulation du matin et du soir, qui n’a pas été étudié par rapport à l’avancement / changement d’heure sauf pour des études sur les accidents. Nous dirons simplement que l’effet de l’avancement de l’heure chronique n’y est pas étudié, y compris en hausse de trafic. En revanche, il est clair pour tout le monde que le changement d’heure est accidentogène.
Il y a enfin une dimension d’économies / surconsommations / émissions qui n’apparaît ni dans le rapport de l’ADEME [30][30a][30b] ni dans notre cahier ACHED de 2022 [8b], car c’est un peu en marge de l’aspect purement national. Mais nous regrettons de ne pas l’avoir mentionné alors.
Début 2023 à Metz nous avons rencontré un responsable de RTE, de mémoire. Il s’agit des économies non réalisables parce que nous sommes à la même heure que l’Allemagne [8c] et [Annexe 4].
L’ADEME dans son rapport ne s’est pas non plus intéressée à l’effet de l’avancement en hiver, en particulier la possibilité d’UTC+2 en hiver. Cela ne lui était pas demandé puisque le rapport était pour justifier l’avancement de 1976, tâche en cours depuis 1976…
Pour plus de détails sur le rapport ADEME nous vous renvoyons à notre lettre demandant formellement sa rétractation à l’ADEME [30e].
Pour récapituler, les économies possibles avec UTC+1 / UTC+0 sont de l’ordre de 7 milliards € par an en dépenses de santé, et la réduction des émissions cumule 777 + 588 + 388 = 1 753 kt CO₂ = 1,7 MtCO₂ et potentiellement bien plus (20 MtCO₂ ?).
Ce n’est pas rien face à l’objectif de 2030, qui implique de réduire d’environ 126 Mt nos émissions entre 2022 et 2030 [14].
Ces économies / baisses d’émissions en UTC+1 / UTC+0 sont des dépenses supplémentaires et une augmentation des émissions carbone si on reste en statu quo, et pire si on passe à UTC+2 toute l’année.
Écoutez la société civile et la science
Nous vous demandons d’écouter :
- La majorité des Français, lassés du changement d’heure [48].
- Les signataires de la pétition #RetourVersLeFuseau, ainsi que tous les citoyens et associations engagés pour une heure plus équitable et durable [1].
- Les scientifiques du sommeil et des rythmes biologiques, qui plaident pour un retour à une heure plus naturelle, proche de l’heure solaire [18][19].
- Les experts [70], climatologues [68][69][72][73], agronomes et agroclimatologues [67], qui avertissent que le réchauffement nous mènera à l’insoutenabilité.
À l’inverse, méfiez-vous des lobbies [45][45a][45b][45c] qui profitent de la surconsommation, des fuseaux uniformisés ou de la désinformation : pétroliers, secteur automobile, médias, voire certains intérêts étrangers.
Méfiez-vous de ceux qui se sont trompés dans l’impact du changement d’heure / avancement de l’heure, ou qui y ont cru, ou y voient des avantages et ne voudront pas changer d’idée.
Nous vous demandons aussi d’accompagner :
- Les citoyens vivant à la frontière, pour qui l’uniformisation du fuseau horaire est une facilité au détriment de la santé et des émissions générales.
- Ceux qui n’ont connu que l’heure d’été double et doivent être accompagnés dans leurs habitudes et repères vers une heure plus équilibrée [55].
Des consultations biaisées, des études contestables, des situations abusives ou négligentes au niveau français et européen
Nous contestons :
- Le rapport européen EU summer-time arrangements under Directive 2000/84/EC [31][31a].
- L’étude ADEME 2010 Impact du Changement d’heure [30]…[30e].
- La résolution du Parlement européen du 26 mars 2019 [39].
- Les consultations publiques : 2018 par la Commission européenne [46] ; 2019 par la Commission des Affaires Européennes de l’Assemblée nationale [48].
Nous ne sommes pas seuls à dénoncer le caractère partiel, orienté ou bâclé de ces consultations [50][51][52][53][54].
Nous pensons que ces travaux et rapports n’ont pas permis une information satisfaisante du public, ni un véritable débat démocratique. Certains d’entre eux ne sont même plus disponibles en ligne, alors qu’ils continuent d’alimenter les médias.
La plupart des médias font le passe-plat de communiqués des agences de presse, eux-mêmes rédigés avec légèreté, parfois connivence ou lassitude, sans vérification ni esprit critique.
Mentionnons que ce sont ces rapports qui alimentent les climatologues et énergéticiens en désinformation et abrutissement. Ajoutons que nous n’avons pas été écoutés pour la convention citoyenne où les citoyens ont été alimentés de ces rapports.
Mentionnons que notre cahier ACHED de février 2022 de contribution à la Stratégie bas-carbone [8b] est passé à la trappe et rappelons que vous n’avez pas répondu à nos courriers qui s’y référaient [11], [12], [3].
Par ailleurs, nous nous étonnons que plusieurs rapports d’envergure européenne ne soient pas traduits officiellement en français [31], contrairement aux publications du Conseil de l’Europe [37].
Entre les citoyens et les élus qui ne maîtrisent pas l’anglais ou l’allemand, la transparence, la vérité scientifique et la démocratie sont directement menacées.
Certes, la traduction automatique est un outil utile — et nous l’utilisons. Mais elle est consommatrice d'énergie et de temps et n’est pas accessible à tous. Pour des documents aussi sensibles, elle nécessite des relectures humaines compétentes, tant les erreurs et contresens sont fréquents, en particulier sur un sujet technique comme celui de l’heure légale.
Tous les documents cités doivent aussi être disponibles, de préférence en français. En tout cas un résumé. Et les documents français comme le rapport de l’ADEME de 2010 et les précédents doivent être accessibles facilement et gratuitement aux citoyens et au moins aux associations.
Répétons. Réduire le problème au changement d’heure est une présentation abusive et fréquente.
Il est étonnant que le Parlement européen légifère sur les changements d’heure [Q] car le changement d’heure n’est pas du ressort européen, seule l’harmonisation des dates de changements.
Cela a encore moins de sens s’il ne s’occupe que du changement d’heure en laissant les pays choisir leurs heures indépendamment et sans recommandation claire. Leur point de vue évoluerait peut-être s’ils étaient informés avec les chiffres que nous partageons dans la présente lettre.
En fait, une seule solution devrait être ouverte : celle d’un retour vers le fuseau, à l’heure dite d’hiver dans un premier temps.
Au niveau santé, grâce à la montée au créneau des chronobiologistes et l’effort des associations, les parlementaires sont de mieux en mieux informés sur la nuisance sanitaire. Mais la nuisance énergétique / climatique que nous décrivons ici ? Nous espérons qu’ils seront plus clairs prochainement.
Nous regrettons l’inaction du Parlement français et du gouvernement français après les conclusions du travail parlementaire de 1997 Faut-il en finir avec l’heure d’été ? [28], inaction réitérée après le rapport et la recommandation du Conseil de l’Europe en 1999 [37].
Ces travaux étaient de qualité et mettaient déjà en évidence le double problème du changement de l’heure et de l’avancement de l’heure.
Avec les travaux [G] disponibles suite au progrès scientifique et médical au niveau de la science des rythmes biologiques, prix Nobel en 2017, ainsi que des études énergétiques clés en 2003 (Kellogg) [40], en 2009–11 (Kotchen) [41], et une étude socio-économique sur les fuseaux horaires en 2019 (Giuntella et Mazzonna) [44], c’est inacceptable.
Même l’expérience de la Russie de 2011–2014 [33c][33d][33e] ainsi que [18] devrait éclairer tout le monde : la Russie de Medvedev a arrêté le changement d’heure en 2011 mais a fait l’erreur initiale de choisir l’heure d’été toute l’année. Et c’est finalement Poutine qui a accordé l’heure standard (d’hiver) permanente pour respecter sa promesse électorale.
C’est un abus [45][48] que de proposer d’avancer encore l’heure tandis qu’historiquement on avait déjà mécontenté avec l’avancement à UTC+1 sans changement d’heure de 1945 à 1975 et que les scientifiques et économistes disent clairement que l’avancement est mauvais pour la santé, diminue le sommeil et exacerbe la consommation.
Il n’y a pas d’études énergétique / environnementale / climatique faites spécifiquement pour l’hiver en heure avancée, ce qui n’inquiète personne [39][45][48].
Les chercheurs sont néanmoins clairs qu’en heure avancée, les surconsommations de chauffage sont plus marquées que les économies d’éclairage et que le décalage vers des matins sombres et froids induit des surconsommations importantes [40], et page 19 de [41] : évidemment notre consommation énergétique augmenterait avec l’extension de l’heure avancée à l’hiver et donc son adoption permanente.
Ce que nous demandons
Nous soutenons et voulons épauler :
- Les objectifs de santé, retraite, qualité de vie des Français.
- Les objectifs de diminution courageuse de nos émissions.
- L’idée que « la meilleure adaptation aux +4°C est de NE PAS ATTEINDRE les +4°C ».
Nous vous demandons [1] d’agir rapidement pour :
- Mettre fin aux changements d’heure.
- Adopter une heure permanente plus proche de l’heure solaire.
La France a les moyens de montrer l’exemple en Europe. Le moment est venu de faire le choix du bon fuseau : pour la santé, pour le climat, pour le respect et la qualité de vie immédiate et future des citoyens. Le statu quo est une erreur évitable.
Pratiquement, nous souhaitons que notre contribution à la Stratégie bas-carbone soit reprise dans les communications SNBC [14] et incorporée dans le PPE [16]. Nous souhaitons que l’ADEME retire publiquement son rapport de 2010 [30e].
Vérifiez bien sûr nos calculs, on peut se tromper mais n’en profitez pas pour vous éterniser. J’espère que notre trame sera bien utilisée. Il faut simplement ne pas faire d’impasse comme cela a été fait, couvrir l’ensemble en considérant et emboîtant bien les parties.
Nous souhaitons que vous mobilisiez vos conseillers et aidiez à mobiliser les experts [59][67], les journaux, les ministères [9a][9b][3], les comités [60], Académies et ordres au niveau sanitaire, énergétique, climatique, environnemental et social.
S’il vous plaît pas de consultation démagogique. Et quant aux sondages, attention. Nous voulons la participation démocratique mais pas le brouhaha / chienlit. Ne vous faites pas bien sûr déborder par les lobbies.
Les sondages devraient aussi éduquer, mesurer la connaissance avant de collecter l’opinion ! Et il faudrait plus généralement connaître la situation et les besoins.
Nous pensons l’effort français important et qu’il peut être transmis à l’Europe [8c] ainsi qu’aux Nations Unies [17]. Il ne faut pas renvoyer la balle aux seules instances européennes [75].
Ils ont prévu cela en pointillé seulement dans leur programme 2025 [40a], c’est peu rassurant. Ils vous la renvoient de toutes façons donc embrassez le sujet.
Permettez-moi de dire à nouveau que les études françaises comme celle de l’ADEME ou de RTE et autres devraient être plus intéressées par les interactions positives du #RetourVersLeFuseau [8c].
L’heure légale française nous appartient peut-être plus qu’à d’autres. Nous devons en faire bon usage et partager avec les autres pays… et faire amende honorable.
C’est bien nous qui avons commencé le domino de l’heure d’été en 1976 en Europe continentale, avec un décret [35]. L’Union Européenne n’est intervenue que pour l’harmonisation des changements d’heure [38][25].
C’est bien notre rapport français ADEME 2010 [30] et ceux des organismes précédents qui ont empoisonné les rapports européens [37] et mondiaux. Rétractez ce rapport et tout pourra se remettre d’aplomb plus facilement.
Président Zelensky et conclusion
À ce propos, comme vous êtes en contact régulier avec le Président Zelensky et que vous devez le rencontrer ce vendredi 28 mars, à la veille du week-end de changement d’heure, nous vous invitons à le soutenir dans l’arrêt du changement d’heure et le choix de l’heure standard, voté par son parlement et en attente d’entérinement.
Vous trouverez ici la traduction de la lettre que nous lui avons adressée : lettre20250320VZ.pdf [33][33a][33b].
En ce qui concerne l’adaptation des citoyens, supprimer un changement d’heure est incontestablement plus simple que d’en instaurer. La population s’est historiquement adaptée — au moins en pratique même si avec des dégâts — à l’introduction brutale de l’heure d’été en 1976. Il n’y a donc aucune raison de penser que la suppression d’un changement d’heure poserait un problème majeur aujourd’hui.
Mieux encore : avec les connaissances désormais établies sur les bénéfices sanitaires et climatiques d’un retour à une heure plus naturelle, il vous appartient d’accompagner, d’informer et d’expliquer. L’adhésion viendra si la pédagogie est au rendez-vous.
Comme l’explique James Clear dans Atomic Habits (2018) [66], de petites améliorations cumulées peuvent produire de grands résultats à long terme. Mettre fin au changement d’heure et revenir à une heure plus naturelle est précisément ce type de changement : simple, progressif, mais à fort effet de levier.
Même si certaines entreprises redoutent un ajustement de leurs revenus liés aux rythmes actuels, cette transition serait progressive, et surtout compensée par les gains de santé publique, de sobriété énergétique et de stabilité climatique.
C’est précisément ce dont nous avons besoin pour ralentir l’emballement climatique, réduire son incidence moyenne et limiter les événements extrêmes.
On pourrait aussi dire que bien des pays ont plusieurs fuseaux horaires et s’en sortent très bien : Canada, États-Unis et Russie. Alors quoi, nous les Français, on n’arriverait pas à travailler avec nos voisins d’Europe depuis la France ou en transfrontalier à cause d’une heure de décalage ?
J’en appelle au président qui nous avait galvanisés avec son appel « Make the Planet Great Again » [74].
En espérant que vous saurez vous montrer à la hauteur des enjeux, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre très haute considération.
Pour l’ACHED, sa présidente,
Laetitia Moreau-Gabarain
ingénieure agronome